A propos du livre

Le nom d’Elie Wiesel nous est familier : survivant et gardien de la mémoire de la Shoah, Prix Nobel de la Paix, citoyen américain engagé dans de grandes causes humanitaires… Et pourtant, un aspect crucial de son témoignage demeure très mal connu en France : Elie Wiesel est l’auteur d’une œuvre littéraire majeure, se déployant depuis près de 50 ans la croisée de la culture juive traditionnelle et de littérature occidentale contemporaine.
Cet essai combat la vision réductrice des textes de Wiesel en montrant qu’ils peuvent être considérés tout à la fois comme instruments de témoignage et objets littéraires. L’analyse précise des textes permet de retrouver l’essence du témoignage wieselien au-delà des nombreuses implications politiques voire personnelles de ses écrits qui obscurcissent son propos initial.
Envisager les textes wieseliens en terme de littérarité place le débat sur un plan, périlleux et exigeant, celui de la réflexion sur l’acte même de témoigner et sur la force du témoignage littéraire. Si la Shoah fait détourner le regard et résiste par bien des aspects au concept, cela ne signifie pas pour autant que nous devions renoncer à l’intelligence. Le moins que nous puissions faire c’est interroger le mystère qui demeure, y revenir encore et encore : en cela on donne déjà du sens. Partager cette interrogation est encore donner du sens. Ainsi, l’œuvre de Wiesel fait profondément sens. Sens naissant de l’entrelacement entre la parole du témoin et une littérarité consciente de sa fragilité devant l’événement mais pleine d’espoir en son pouvoir de résistance à l’oubli.
Un ouvrage qui se place entre biographie et analyse des œuvres d’Elie Wiesel pour donner au témoignage une force singulière.Préface d’Anny Dayan Rosenman.

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